L’affaire Valeo soulève un tollé aujourd’hui.
Pourtant, techniquement, il n’y a pas d’abus :
- Le départ du Pdg est forcé. En clair : on le vire.
- L’indemnité de départ est plutôt dans le bas de la fourchette de ce qui s’est pratiqué jusqu’alors pour des départs de ce type en particulier avec autant d’ancienneté.
- L’indemnité est contractuelle.
- Un des critères de “performance” n’a pas été rempli, que l’entreprise ne soit pas en perte, mais c’est lié à des provisions exceptionnelles passées pour faire face au plan de restructuturation prévu et pas à la performance économique réelle de l’entreprise. Le conseil a donc décidé de ne pas tenir compte de cet élément et de ne pas abattre la prime de 30%.
- L’état, contrairement à ce qui a pu être écrit, n’a pas donné d’argent à Valeo pour soutenir l’entreprise.
Alors …
Alors, les gens ont perdu confiance dans les dirigeants d’entreprise, notamment les dirigeants des grandes entreprises. Ils estiment que la crise est en très grande partie de leur faute. Une faute grave.
Quelle que soit la façon de présenter la chose, une indemnité de départ supérieure à ce qu’un salarié de l’entreprise toucherait en pareille circonstance (salaire multiplié par le nombre de mois légaux plus quelques mois transactionnels) ne peut passer sans outrer. Quelle que soit la façon de présenter la chose toute somme dépassant le chiffre symbolique du million choque.
Crises de moins en moins sociales…
L’usine 3M (235 emplois, 110 départs prévus) de Pithiviers a vu se dérouler récemment un épisode de séquestration très médiatisé.
Remarquable déclaration à chaud du directeur de l’usine : ” “Ces gens sont plus à plaindre que moi et je savais qu’il y avait ce risque en venant ici”
Chapeau, à la fois fin, habile et compassionnel. En plus maintenant tout le monde le connaît par son nom. Pour son prochain job, pas de problème !
Mais plus gênant, la Pharma est d’ordinaire réputée pour la largesse (parfois incroyable) des plans sociaux mis en oeuvre. Largesse qui fait parfois douter de l’impérieuse nécessité économique desdits plans.
Alors:
Soit le plan proposé est vraiment insuffisant et il y a quelque chose de changé chez Big Pharma.
Soit les rapports sociaux sont en train de se radicaliser à la vitesse grand V.
En fait, il y a en ce moment deux catégories de plans ceux (rares) dont les médias parlent et là tout est bloqué et ceux, innombrables qui se déroulent dans la solitude la plus absolue pour les personnes affectées (les 80 000 emplois perdus tous les mois)
Pas toujours simple de faire parler de soi !
Quelques recettes :
Annoncer un plan social (raffiné) après des résultats tonitrants…
Demander à la voisine rès très sociale à condition que l’on parle d’elle de passer faire un tour…
Séquestrer le patron !
A suivre donc…