Propos sur la crise

30 mars 2009

Valeo oh oh

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , — admin @ 20 h 28 min

L’affaire Valeo soulève un  tollé aujourd’hui.

Pourtant, techniquement, il n’y a pas d’abus :
- Le départ du Pdg est forcé. En clair : on le vire.
- L’indemnité de départ est plutôt dans le bas de la fourchette de ce qui s’est pratiqué jusqu’alors pour des départs de ce type en particulier avec autant d’ancienneté.
- L’indemnité est contractuelle.
- Un des critères de “performance” n’a pas été rempli, que l’entreprise ne soit pas en perte, mais c’est lié à des provisions exceptionnelles passées pour faire face au plan de restructuturation prévu et pas à la performance économique réelle de l’entreprise. Le conseil a donc décidé de ne pas tenir compte de cet élément et de ne pas abattre la prime de 30%.
- L’état, contrairement à ce qui a pu être écrit, n’a pas donné d’argent à Valeo pour soutenir l’entreprise.

Alors …

Alors, les gens ont perdu confiance dans les dirigeants d’entreprise, notamment les dirigeants des grandes entreprises. Ils estiment que la crise est en très grande partie de leur faute. Une faute grave.

Quelle que soit la façon de présenter la chose, une indemnité de départ supérieure à ce qu’un salarié de l’entreprise toucherait en pareille circonstance (salaire multiplié par le nombre de mois légaux plus quelques mois transactionnels) ne peut passer sans outrer. Quelle que soit la façon de présenter la chose toute somme dépassant le chiffre symbolique du million choque.

Gestion de crise : anticiper

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , , , — admin @ 20 h 25 min

Tout le monde savait .

Les bonus monstrueux des traders de moins de 30 ans (que l’on ne vienne pas me dire, avec l’argent qu”ils manipulent, on leur doit bien cela… les conducteurs de la Brinks sont au Smic plus une micro prime de risque)

les parachutes pour ceux qui ne risquent pas de tomber vraiment.

Les stock à la pelle

le copinage

la cupidité

la gabegie

Les millions de Zacharias  filé comme un filou mais sans secret (?) vers les montagnes suisses

Tout le monde savait et à part quelques coups de menton de notre autorité (de moins en moins) suprême rien rien rien de rien…

Puis la vague est passée…

Bouton qui nous avait inventé Kerviel nous la joue j’ai rien compris mais je fous le bordel cela m’occupe

Puis Natixis, puis BNP, puis puis

Alors yaka supprimer les bonus et les stocks (et pourquoi pas les journaux, les voitures, les assistantes, les avantages pas toujours naturels, les sièges en cuir,…)

Et on nous propose (sans rire) un haut Comité des rémunérations des patrons pas soviétique pour un sou…

Anticiper c’est pas toujours populaire mais c’est toujours nécessaire (rime de crise)

Le bon sens est le meilleur outil de gestion de crise mais c’est une denrée assez rare…

Crises de moins en moins sociales…

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , , , , , — admin @ 18 h 50 min

L’usine 3M (235 emplois, 110 départs prévus) de Pithiviers a vu se dérouler récemment un épisode de séquestration très médiatisé.

Remarquable déclaration à chaud du directeur de l’usine : ” “Ces gens sont plus à plaindre que moi et je savais qu’il y avait ce risque en venant ici”

Chapeau, à la fois fin, habile et compassionnel. En plus maintenant tout le monde le connaît par son nom. Pour son prochain job, pas de problème !

Mais plus gênant, la Pharma est d’ordinaire réputée pour la largesse (parfois incroyable) des plans sociaux mis en oeuvre. Largesse qui fait parfois douter de l’impérieuse nécessité économique desdits plans.

Alors:

Soit le plan proposé est vraiment insuffisant et il y a quelque chose de changé chez Big Pharma.

Soit les rapports sociaux sont en train de se radicaliser à la vitesse grand V.

En fait, il y a en ce moment deux catégories de plans ceux (rares) dont les médias parlent et là tout est bloqué et ceux, innombrables qui se déroulent dans la solitude la plus absolue pour les personnes affectées (les 80 000 emplois perdus tous les mois)

Pas toujours simple de faire parler de soi !

Quelques recettes :

Annoncer un plan social (raffiné) après des résultats tonitrants…

Demander à la voisine rès très sociale à condition que l’on parle d’elle de passer faire un tour…

Séquestrer le patron !

A suivre donc…

23 mars 2009

Crise sociale : un élément de contexte à prendre en compte dans la communication

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , — admin @ 11 h 50 min

En 2007, 47% des français redoutaient de devenir un jour sdf, fin 2008, 60 %. Voilà qui en dit long sur notre moral.

Pourtant, la probabilité réelle pour un individu donné de devenir sdf n’a heureusement pas augmenté d’autant sur la même période mais la crise longue, profonde, lancinante, ubiquitaire  induit chez la quasi totalité d’entre nous une vision dépressive du futur et amplifie les angoisses dans un environnement qui était déjà fortement anxiogène : chemins de réussite confus, discours politiques ne suscitant pas de franche adhésion,  monde financier ayant échappé à tout contrôle, réchauffement climatique, pollution, etc…

Les grands qui dirigent le monde ne contrôlent plus rien Isabelle Taubes dans Psychologie Magazines cite Virginie Megglé :  ”Si consciemment, nous nous réjouissons des malheurs des hyperriches, de ces “escrocs de banquiers”, sur cette autre scène qu’est l’inconscient un autre drame se joue. En ce lieu intemporel, “ces grands”-là renvoient aux “grands” de l’enfance : les parents, les adultes, ceux qui protègent”. ET quand ils s’effondrent, intérieurement, c’est le désarroi, qui va maintenant veiller sur nous ?

Ainsi Obama est arrivé comme le Messie  mais en attendant les marchés boursiers ont continué voire amplifié leur chute.

Les plans sociaux se suivent à un rythme effréné avec une communication de plus en plus standardisée. et aseptisée .La plupart de ces plans sont justifiés mais comment le dire sans provoquer un peu plus de désespérance dans un tel contexte.

Communiquer c’est partager et pour partager il faut comprendre les  mots Justice, Exemplarité  et Solidarité.

Mais la Justice ce n’est pas se gruger de stocks options synonymes de profits d’autant plus grands que les cours sont bas !

12 mars 2009

Gestion de la situation de crise induite par la crise économique et financière

Classé dans : Non classé — Mots-clefs :, , , , , — admin @ 9 h 37 min

Une crise courte, ponctuelle et violente exige une montée en puissance rapide des équipes, une organisation rodée et une mobilisation des énergies intense mais restreinte dans le temps. Elle  s’accompagne d’une forme de montée d’adrénaline. Il peut être nécessaire, en fonction de la nature de la crise et de l’exposition de certaines personnes à des situations traumatisantes, ,de soutenir psychologiquement certains responsables, voire de les accompagner afin qu’ils métabolisent l’évènement.  Mais il n’y a pas lieu, sauf cas très particuliers, d’aborder le sujet de leur “vie privée”.

Dans le cas d’une crise telle que la vivent beaucoup d’entreprises actuellement du fait de la situation  économique et financière, longue, usante avec une dimension anxiogène et dépressiogène, il est indispensable de s’assurer que ceux qui gèrent la crise puisent suffisamment de ressources dans leur vie privée (au sens large : famille, loisirs, hygiène de vie) pour tenir la distance.

L’entrainement d’un sprinter n’est pas celui d’un coureur de fond, son alimentation non plus même si l’on retrouve des constantes.

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